Je relis ton SMS. L'as-tu écrit seul, sans l'aide de personne ?

Lis ce qui suit, jusqu'au bout, tranquillement ; comprends !

Je t'ai donné la vie, il n'était pas là !

Je t'ai donné mon nom, il n'a daigné te reconnaître que bien après !

Je t'ai élevé, seule, car il ne m'acceptait pas avec mes spécificités ; sa famille, ses parents, ses frères et soeurs, ses deux premiers enfants, passaient inextinguiblement avant moi.

Il se montrait dur, fort du fait qu'il était entouré, alors que je n'avais personne pour me soutenir........

Malgré cela, et parce que je l'aimais, j'ai tout supporté, pendant 6 ans : ma vie de solitaire avec toi, bébé, dans l'Essonne,  pendant qu'il vivait chez son ex belle-mère à Paris, par commodités.............  Puis, je suis partie pour une autre direction, plus tard ...

Il s'est toujours montré, avec moi, dur, psycho-rigide, égoîste, m'imposant son mode de vie plutôt que composer avec moi.

J'ai crevé à petit feu, avalé des couleuvres pour le garder, mais rien n'y faisait ...........

A l'époque, je travaillais comme démonstratrice chez Nespresso (tout un poème ...) ; il te prenait lorsque je n'étais pas présente, les week-ends ou même la semaine lors de mes déplacements pour le travail !

J'en mourais de ne pas le voir, de ne pas construire ma vie avec lui ............ Il ne bougeait pas d'un cil !

- "Ce n'est pas anodin ce que je te dis là ; c'est ce qui explique ma réaction de lundi soir, un peu brutale, certes, .......... mais tes propos étaient tellement maladroits, à la limite de l'irrespect pour ta mère ............ cette mère que j'ai toujours mis un point d'honneur à être pour toi !".

Le temps a passé, difficile, cruel, mais je t'ai élevé, donné les bases d'une vie "éclairée", mais sans l'aide de ton père. Tu avais une santé fragile. Un asthme persistant et de l'eczéma ............. Combien de fois ai-je dû t'emmailloter dans une couverture en pleine nuit pour t'amener à l'hôpital................... Ton père t'aimait, il t'a toujours aimé ............ mais il ne m'a rien laissé passer.  En se comportant avec tant de dureté, il ne pouvait omettre que cela aurait une implication directe sur ton éducation........... Fragile émotionnellement, je souffrais ; les crises entre nous, les haussements de voix, les remises en questions permanentes, le besoin d'étreindre cet homme que j'aimais, me renvoyaient encore et toujours à ma vie d'avant, où le manque d'amour et d'affection s'étaient tant fait sentir : chez mes parents .................. J'ai dû aller plusieurs fois faire valoir tes droits auprès du tribunal, me battre pour obtenir des aides pour vivre...... J'en ai bavé, et j'étais désespérée de ne pas pouvoir t'offrir une famille unie ... je savais, je comprenais combien cela était douloureux pour toi aussi ...

Chez "eux" le statut des femmes, lorsqu'elles ne sont pas obéissantes, n'existe pas !

C'est une sorte de répudiation que j'ai subie de la part de cette "magnifique" famille...

J'en ai souffert plus que je ne l'aurais cru, ma peine était interminable ...... Pas de soutien, pas de réconfort, rien !

Je t'ai appelé "Fabien" pour garder la contraction de :

"François et Damien" (tes deux demi-frères), afin de mettre tous les atouts de ton côté à avoir une famille du côté de ton père, puisque, malheureusement, du mien, il n'y avait personne digne de cela...

J'ai fait en sorte que tu vois ton père largement plus que ne le prévoyait la loi, pensant d'abord à ton épanouissement, plutôt qu'aux dictats de la société ou à mon intérêt ... Je sentais que je devais le faire, pour toi, plus tard !

Maladroitement parfois, mais avec beaucoup d'amour, je t'ai amené sur le chemin de la vie : sport, culture, nourriture et vie saine, quelques petits voyages tous les deux qui faisaient partie de cet apprentissage........... et puis le goût du travail .................

J'aurais tant aimé que tu fasses de hautes études ; tu n'as pas voulu ! Pourquoi ? Je m'en doute un peu.......... Tu cherchais à être autonome, libre, à t'assumer, pour te prouver quelque chose peut-être, pour échapper à ces non-dits, cette chappe de plomb, que sais-je ...

Je t'ai laissé choisir ta route et j'ai toujours, et j'instiste bien, toujours, été à ton écoute !

J'ai passé énormément de temps à t'amener et te ramener de chez Gorane. Partis à 6 h du matin, (je t'attendais non loin de là en occupant mon temps comme je le pouvais)... nous repartions à 15 h. A cette époque tu étais en formation pratique en entreprise à 50 kms de la maison ...........

Il y eut des heurts avec ton maître de stage et je suis intervenue, traitant cet escogriffe de "petit con".

Des envies d'autre chose se sont fait sentir : -"Maman, j'ai envie de me réaliser différemment à présent ".

- "ok, mon fils, on y va !"

Nous n'étions pas bien riches, mais le stage a été payé, le brevet obtenu... D'autres perspectives se sont ouvertes pour toi... qui font ton bonheur aujourd'hui.

Depuis ton premier souffle, je t'ai toujours soutenu :

- la "justicière" lorsque tu étais enfant (c'est toi qui me surnommais ainsi),

- puis "la mère poule" plus tard, mais pas étouffante, non, l'accompagnatrice plutôt !

Tous ces efforts, tout ce temps qui t'a été accordé, toute cette énergie, je les ai mis à ton service, pour, et encore une fois avec quelques ratés, faire de toi l'homme tendre, solide et honnête que tu es devenu ............. Je me complais à dire : doux et fort à la fois !!! (Mégane confirme cela je suppose !).

Lorsque vous avez eu quelques motifs de griefs tous les deux, j'ai consolé Mégane, je l'ai écoutée !

Récemment, lorsque tu es tombé malade, après avoir tant oeuvré pour ta maison, je suis arrivée au plus vite, apportant tout mon savoir pour soulager ta grande fatigue, comprenant, écoutant ; 3 jours durant, je suis revenue vers toi, pour toi, de tout coeur ......

Mais moi, pendant ce temps, qui prend soin de m'écouter lorsque je souffre, de me soigner lorsque j'ai mal, de venir lorsque j'ai besoin d'aide ........... Qui ? Toi ?

Je te laisse répondre à cela en ton âme et conscience, mon fils !

Prends la mesure des choses, vois ce que j'ai fait pour toi, aie conscience ..........

Je t'ai permis de côtoyer la famille M uniquement par ma grande ouverture d'esprit, par mes actions en faveur de ton bonheur futur, pas du mien ! Non reconnu, qu'aurais tu espéré de ces gens ...

J'ai fait abnégation des souffrances que cette famille m'a infligée pour que toi tu bénéficies d'un cadre, d'un groupe, d'un soutien qu'ils ne m'ont jamais prodiguée..... à moi......... la pièce rapportée !

C'est grâce à la main de cette mère là que tu t'es envolé vers des arbres remplis de fruits ........

C'est par cette grandeur d'âme là que tu as trouvé une famille .....

Je ne pouvais te l'offrir par moi-même ; mon passé, ma famille désunie, le manque d'amour et d'affection des miens, tout cela je ne voulais pas que tu le subisses, en tout cas le moins possible.

Et tu oublierais tout cela, en me parlant ainsi  ?

- Toute la "famille" sera réunie dimanche, ils seront 14 de leur côté. Tu prends tes responsabilités si tu ne viens pas au barbecüe que nous organisons, Mégane et moi, pour fêter notre nouvelle maison....

 

 

 Les hommes divisent instinctivement les femmes en deux catégories :   -les femmes "comme il faut", et  -les femmes "comme il en faut". - "L'Ange et la Bête" - Diviniser la femme ou l'abaisser, c'est toujours la tenir à distance - Françoise PARTURIER -